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Témoignage : « Moi Fatima, émigrée, mariée, mère de deux enfants, je rêve de rentrer au Sénégal »

En vacances au Sénégal avec sa famille, Fatima T. fan de debbosenegal.com est venue nous rencontrer à la rédaction. Elle nous a fait des confidences sur son vécu d’émigrée en France et son rêve de rentrer au pays. Témoignage :

logo itwBonjour Fatima, merci de votre visite et de votre soutien et passion pour debbosenegal. Vous êtes émigrée depuis combien de temps en France ?

FT : Tout d’abord je renouvelle mes félicitations à votre magazine dont je suis l’une des plus grands fans. C’est c’un mag qui nous apporte beaucoup de chaleur quand on est là-bas, je l’ai découvert par un lien qu’une amie a partagé sur Facebook et depuis je ne passe pas une journée sans le consulter. En fait je suis allée en France pour étudier, j’y ai rencontré mon mari, nous nous sommes mariés et ayant trouvé tous les deux du travail, nous nous y sommes installés. Mais mon rêve est de revenir au Sénégal.

logo itwPourquoi ? Vous dites que vous travaillez tous les deux non ?

FT : Mais oui, justement. Nous travaillons tous les deux, lui dans une boîte informatique et moi dans une agence de communication, nous gagnons assez bien nos vies, mais la vie est infernale là-bas. Autant gagner dix fois moins et vivre mieux au Sénégal. Mes sœurs, cousines et amies que je peux payer deux fois, vivent mieux que moi, ici.

logo itwExpliquez-nous comment alors ?

FT : D’abord nous travaillons tous les deux à Paris et habitons à Cergy Pontoise en banlieue. Alors imaginez-vous que le matin, nous avons un bus à prendre, puis le RER, puis le métro avec deux correspondances pour chacun de nous et encore un bus pour moi avant d’arriver au travail. Et le soir rebelote, il faut refaire le circuit inverse. Si nous ratons le bus de 6h15, le matin, nous ratons le train de 6h30 et ratons la connection avec le métro et ses deux correspondances et pour moi, le bus qui m’emmène à mon travail et qui doit me faire arriver au boulot à 8h45.

Le soir au retour, si je ne suis pas arrivée à la maison à 19h30, la dame qui s’occupe des enfants rate son bus de 19h40 et ne sera pas arrivée chez elle à temps pour préparer le dîner de sa famille. En hiver nous sortons la nuit de chez nous et y rentrons la nuit ! Mes enfants âgés de 5 et 8 ans ne voient presque pas leur père en semaine car il n’est pas là avant 21h30 et ils sont déjà au lit. Le matin la dame qui vient m’aider à la maison arrive à 6h et c’est elle qui se charge de les réveiller, de les laver, les habiller, les faire manger avant de les accompagner à l’école (qui est heureusement à deux pas de la maison) pour revenir faire le ménage et le linge. A la sortie de l’école, c’est elle qui s’occupe des enfants et les surveille pour leurs devoirs jusqu’à mon arrivée.

A ce moment-là, je prends la relève. Juste le temps de se déshabiller, prendre une petite douche, préparer le dîner, faire manger les enfants, jeter un œil sur leurs devoir et les mettre au lit. Et j’attends leur père pour dîner sinon on ne se voit pas non plus. Morte de fatigue je dormirai déjà. Pendant ce laps de temps, j’ouvre debbosenegal, si les articles sont trop longs je les réserve pour y revenir le week-end. Mais rien que les belles images de votre site 100 pour cent africain, me changent les idées et des images de la télé française.

Les bons bouquins on les lit dans le RER ou le métro, les coups fils aussi on les passe souvent pendant ces longs trajets. Le week-end, Monsieur aime inviter ses amis pour manger le fameux thieboudieune le samedi, et ça reste causer jusqu’à des heures impossibles. Heureusement que mon travail me plait et que je m’y éclate avec une bonne équipe de jeunes de différentes nationalités à l’esprit ouvert. Sinon, ce serait la déprime assurée.

Quand les enfants étaient plus petits, je ne pouvais pas travailler, ma mère est venue rester avec moi pendant 3 mois, mes sœurs aussi viennent de temps en temps, mais je déprimais souvent. Ma chance est d’avoir trouvé cette dame, marocaine qui s’occupe si bien de mes enfants et de ma maison en mon absence. Malgré tout, j’ai des moments de profonde mélancolie, surtout en hiver. Je ne rêve que d’une chose, rentrer au pays.

Quand je viens au Sénégal, je vois mes amies et mes sœurs qui travaillent, elles ont leur voiture ( la nôtre nous ne l’utilisons que le week-end pour faire des courses et le dimanche pour faire des visites chez des amis ou promener les enfants un peu), elles vont au travail, parfois elles reviennent à midi chez elles et se paient même le luxe de faire une petite sieste après avoir mangé. Leur maison est nettoyé et sent bon l’encens, le déjeuner est prêt. Le soir après le boulot elles peuvent passer chez des copines et aller dire bonjour à leurs parents qu’elles ont la chance de voir vieillir doucement, elles gagnent moins que moi et pourtant sont deux fois mieux habillées, mieux coiffées et zéro stress, à part les quelques sollicitations et cérémonies. C’est cette vie-là que je veux, mais mon mari n’est pas prêt pour le retour, en attendant je rêve avec debbosenegal.

 

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