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Erosion côtière : oui, l’espoir est permis !

ENTRETIEN AVEC WORE GANA SECK, PRESIDENTE DE GREEN SENEGAL

Les dangers et les solutions de l’érosion maritime

La présidente de l’ONG Green Sénégal, Woré Gana Seck, s’est entretenue avec debbosenegal.com. Elle revient sur les problèmes que pose l’érosion côtière, les dangers auxquels les populations font face, mais propose aussi des solutions.

L’extraction du sable marin est interdite par le Code de l’environnement. Mais les populations continuent à construire avec ce sable, malgré tout. En outre, avec l’avancée de la mer, le sable du littoral s’en va. Ce qui rend difficile la lutte contre l’érosion côtière. Et ce ne sont pas les dangers qui manquent. La station balnéaire de Saly en est une preuve concrète. « L’érosion côtière a fait que plusieurs infrastructures sont tombées dans l’eau », constate la présidente de l’ONG Green Sénégal Woré Gana Seck.

Ainsi, à Saly, les quais de pêche disparaissent les uns après les autres. Ce qui réduit les activités des femmes mareyeuses et des pêcheurs. A côté de ce problème, il y a aussi celui des agriculteurs. En effet, avec la salinisation des terres arables, la production agricole baisse. Les infrastructures hôtelières, quant à elles, tombent en ruine les unes après les autres. Tous ces problèmes font que les jeunes perdent leur emploi dans la zone. Et face à cette situation, ils n’hésitent pas à prendre des embarcations de fortune pour regagner Tenerife ou encore les côtes de Las Palmas.

Mme Woré Gana Seck Présidente de Green Sénégal

Mme Woré Gana Seck Présidente de Green Sénégal

La situation est grave. Mais des solutions, il en existe. D’après Woré Gana Seck, Présidente de Green Sénégal, le pays dispose de 720 km de côtes. Ces côtes se déclinent en trois types. « On a des côtes sableuses, des côtes rocheuses et des côtes vertes, avec les mangroves du Sine », explique-t-elle. « Pour chaque type de côte, il y a des solutions », assure-t-elle. « Des études bathymétriques ont été réalisées. C’est pour voir la profondeur des fonds marins », ce qui a permis de savoir quelle solution appliquer à chaque côte, selon notre interlocutrice. C’est suite à ces études bathymétriques que des brise-lames – l’une des solutions face à l’érosion côtière – ont été érigés à 200 mètres de la plage de la mosquée de la Divinité, dans la mer. « Les brise-lames servent à réduire la vitesse des vagues et à rengraisser le littoral », selon Mme Seck. D’autres ont été érigés à Saly. « Cela entrait dans le cadre d’un projet d’érection de neuf brise-lames entre Royam et Dodge. Mais on n’a pu en faire que deux », se désole-t-elle. Il en reste donc sept à ériger.

Woré Gana Seck espère qu’avec le dernier financement de la Banque mondiale pour un projet sur l’érosion côtière, le ministère du Tourisme pourrait aider à terminer ce projet du ministère de l’Environnement.

Certains hôteliers établis le long de la côte utilisent des rochers pour construire des digues. Pour notre environnementaliste, « ce n’est ni écologique ni esthétique ». Aussi, « les digues érigées par les hôtels ne doivent pas se faire », car elles protègent certes ceux qui les ont faites, mais mettent en danger leurs voisins. Pour elle, il faut, en plus des brise-lames, penser aux solutions naturelles. C’est le cas de Soumbédioune. « L’île au Sarpan, qui est juste en face de Soumbédioune, réduit la vitesse des vagues et permet à Soumbédioune d’avoir un littoral », défend-elle.

Cependant, pour éviter que chacun fasse ce qu’il veut pour lutter contre l’érosion côtière, une loi sur la protection du littoral est proposée. « Il faut que l’aménagement du littoral soit une affaire concertée. C’est cela qu’on propose dans la loi. On ne peut pas se réveiller un beau jour et construire une digue ou un épi. Vous vous protégez, mais mettez en danger votre voisin. Il  faut un schéma directeur du littoral », fait-elle savoir. Par conséquent, le vote de cette loi urge. Le président de la République, l’ancien Premier ministre Aminata Touré et le ministre de l’Environnement ont promis que l’Assemblée nationale allait la voter.

Est-ce que les pouvoirs publics accompagnent les actions de Green Sénégal ?

« En effet, nous travaillons ensemble. L’Etat nous accompagne sur beaucoup de projets. Mais Green Sénégal ne peut pas, à elle seule, faire des travaux comme celle de la digue de Thiawlène, à Rufisque, d’un coût de 3 milliards de francs CFA », déclare Woré Gana Seck.

Crédit photo : leral.net

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